Le sujet de l’immigration est un domaine délicat à traiter. En effet, ceux qui seraient tentés d’en discuter sereinement incarneraient vite, aux yeux des censeurs de la pensée, l’extrémisme et autres termes en « isme » peu ragoutants. Ils seraient rapidement diabolisés sur cette terre qui a vu en partie naître les Droits de l’homme, enfin, les droits de l’individu. Tout cela ne doit en aucune mesure empêcher le débat. Au contraire ! Car où il y a censure, où il y a tabou, il y a un hic ! Un hic qui révèle souvent une manipulation.

Le mouvement de la pensée est arrêté par des barrières qui apparaissent comme les limites de la Raison elle-même. » – Herbert Marcuse

Cadrons le sujet. Nous ne parlerons pas ici du nécessaire et vertueux accueil sur les terres de France d’innocentes personnes étrangères mises en danger de mort par leurs gouvernements respectifs (Snowden, Assange ?), de l’enrichissante rencontre amoureuse d’une personne étrangère et d’une personne de nationalité française, ou encore de l’immigration amenant sur notre territoire un savoir-faire nouveau, une activité nouvelle utile à la société des Hommes, etc… Non, nous traiterons de l’immigration de masse organisée par et pour le monde du grand patronat pour orienter à la baisse les salaires par l’effet d’une multiplication de main d’œuvre.

En 1981, Georges Marchais, le secrétaire général du Parti communiste français, un parti qu’on ne peut taxer de xénophobe, alertait déjà l’opinion publique et la classe ouvrière sur cette véritable armée de réserve du Capital :

« Il faut stopper l’immigration officielle et clandestine, avait-il dit. Il est inadmissible de laisser entrer de nouveaux travailleurs immigrés en France alors que notre pays compte près de deux millions de chômeurs français et immigrés ».

Deux millions de chômeurs, un chiffre qui ferait presque rêver aujourd’hui, alors que nous voguons de records en records. A cette gauche moderne dégoulinante de bien-pensance que la France subit aujourd’hui, rappelons aussi et surtout les mots du grand socialiste (oui, il y en eut !) Jean Jaurès, prononcés le 17 février 1894 lors de son fameux discours « Pour un socialisme douanier » :

« Ce que nous ne voulons pas, c’est que le capital international aille chercher la main-d’œuvre sur les marchés où elle est la plus avilie, humiliée, dépréciée, pour la jeter sans contrôle et sans réglementation sur le marché français, et pour amener partout dans le monde les salaires au niveau des pays où ils sont le plus bas. C’est en ce sens, et en ce sens seulement, que nous voulons protéger la main-d’œuvre française contre la main-d’œuvre étrangère, non pas je le répète, par un exclusivisme chauvin mais pour substituer l’international du bien-être à l’internationale de la misère. »

Cette importante population de travailleurs immigrés est donc régulièrement chaleureusement accueillie par nos multinationales en tant que main d’œuvre bon marché et, en outre, en tant que main d’œuvre historiquement peu pourvue d’une culture des luttes revendicatives qui sied aux ouvriers français en particulier et européens en général. Et dix de der !

La dénonciation de cette immigration de masse organisée se superpose à la dénonciation de l’utilisation politique qu’en font les deux extrêmes, droite et gauche confondues, chacun suivant ses sensibilités. Des extrêmes qui jouent eux aussi les utiles idiots de ce que l’on nomme pompeusement le grand Capital. L’extrême droite pourfend la couleur de ces travailleurs immigrés sans même remettre en cause l’aberration du système néolibéral où l’homme, quelle que soit sa couleur de peau, est une marchandise comme une autre. L’extrême gauche, elle, pousse à l’immigration massive au nom d’un universalisme teinté d’humanisme, et certes d’un peu de clientélisme. Elle joue elle aussi, malgré elle, enfin on l’espère, le jeu du capitalisme en lui offrant sur un plateau une main d’œuvre sans frontière, malléable et bon marché.

Une solution?
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Citation de Jean Jaurès
Le sujet de l’immigration est un domaine délicat à traiter. En effet, ceux qui seraient tentés d’en discuter sereinement incarneraient vite, aux yeux des censeurs de la pensée, l’extrémisme et autres termes en « isme » peu ragoutants. Ils seraient rapidement diabolisés sur cette terre qui a vu en partie naître les Droits de l’homme, enfin, les droits de l’individu. Tout cela ne doit en aucune mesure empêcher le débat. Au contraire ! Car où il y a censure, où il y a tabou, il y...

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