En mettant en évidence l’opposition entre deux mondes du travail (le monde disparu des organisations rigides et hiérarchiques et le monde nouveau de la restructuration des entreprises, du risque, de la flexibilité, du travail en réseau), l’auteur décrit comment la montée spectaculaire des inégalités s’est accompagnée d’une généralisation de la précarité, de l’employé au cadre supérieur. Il montre que le court terme et l’insécurité sont devenus la norme et que la trajectoire sociale des individus n’est plus prévisible. L’ouvrage a reçu le Prix international de sociologie "Amalfi" 1999. -- Idées clés, par Business Digest Quand un Anglais découvre le travailleur jetable Absence de confiance, crainte de l'échec, flexibilité : Richard Sennett, un sociologue londonien, a enquêté sur le malaise des salariés. Des ravages du capitalisme flexible. Tel aurait pu être le sous-titre du livre de Richard Sennett qui vient de sortir en France, et qui s'inscrit dans le courant antimondialisation et anticapitalisme moderne, très en vogue. Cet essai, qui a déjà remporté un vif succès aux Etats-Unis et en Allemagne, est promis à une belle carrière en France, où les écrits d'un José Bové ou d'une Viviane Forrester font des best-sellers. La comparaison s'arrête là, car Richard Sennett est un sociologue de grand talent, professeur à la London School of Economics, et son livre est beaucoup plus qu'un pamphlet dans l'air du temps. Les analyses sont intelligentes, les références historiques et économiques érudites, et les intuitions souvent pertinentes. Les enjeux de la flexibilité dépassent largement le problème du temps de travail. L'organisation des entreprises et le travail lui-même ont profondément changé en vingt ans. Les anciennes structures hiérarchiques verticales ont laissé la place à des organisations en réseau, moins pesantes mais plus stressantes. " Pas de long terme " devient la maxime universelle : on demande aux travailleurs d'être mobiles, souples, de faire preuve avant tout de capacités d'adaptation, et de prendre des risques. Mais l'absence de confiance et d'engagement ainsi que la crainte perpétuelle de l'échec créent un malaise croissant. Le système répand l'indifférence, accuse Richard Sennett, " en réorganisant des institutions dans lesquelles les individus sont jetables ". L'une des réussites du livre est d'avoir mêlé analyses et témoignages (un consultant, des boulangers de Boston, des programmeurs licenciés d'IBM...), mais on lui reprochera sa tonalité très négative. Or, si ces dérives et ces angoisses individuelles sont bien réelles, il faut nuancer : était--ce vraiment plus épanouissant de travailler à la chaîne dans les usines d'Henry Ford ? Le développement du travail indépendant, l'autonomie plus grande des salariés ont aussi des aspects positifs, tandis que ce " capitalisme flexible " a quand même permis un nombre record de créations d'emplois aux Etats-Unis comme en France ces dernières années... --Laurence Ville-- -- L'Expansion

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6 - LIVRE
Le Travail sans qualités - Les conséquences humaines de la flexibilité
En mettant en évidence l’opposition entre deux mondes du travail (le monde disparu des organisations rigides et hiérarchiques et le monde nouveau de la restructuration des entreprises, du risque, de la flexibilité, du travail en réseau), l’auteur décrit comment la montée spectaculaire des inégalités s’est accompagnée d’une généralisation de la précarité, de l’employé au cadre supérieur. Il montre que le court terme et l’insécurité sont devenus la norme et que la trajectoire sociale des...

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