Traduction réalisée par Inform'Action
Traduction par Baptiste - Correction par Romain pour Inform'Action.

Par Gabriella Coleman, le 02 avril 2014 - Traduit par Baptiste pour Inform'Action.

La dernière révélation de Snowden démontre que le quartier-général des communications du gouvernement britannique (GCHQ) a activement ciblé les infrastructures de communication utilisés par le collectif activiste Anonymous.

Plus spécifiquement, ils ont mis un oeuvre et organisé des attaques DDos sur des chats(IRC) utilisés par Anonymous. Ils ont également implantés des logiciels malveillants afin de révéler les détails d'identité personnel de participants ciblés. Et alors qu'on ne sait seulement de source sûre  que le GCHQ et des unités d'espions connus sous le nom de "Joint Threat Research Intelligence Group" (JTRIG) ont lancés ces attaques lors d'une opération appelée "Rolling Thunder", la NSA était probablement au courant de leurs actions, puisque les agents des  services de renseignements britannique ont présenté leur programme d'interventions à la conférence SIGDEV de la NSA en 2012 (Il n'est pas nécessaire de préciser que les deux agences partagent des liens étroits).

Que vous soyez d'accord avec les actions d'Anonymous ou non -  ce qui englobe le support aux manifestations du Printemps Arabe, aux attaques DDoS ciblés sur les sociétés de droits d'auteurs, en passant par le dévoilement des identités des utilisateurs de site pédo-pornographique - l'essentiel est que les gouvernements démocratiques semblent désormais retourner leurs propres tactiques contre les activistes.

La principale différence, cependant, est  que les personnes rattachées aux Anonymous affrontent des conséquences judiciaires pour ces actions, alors que le gouvernement britannique en est exempt. Lorsque Anonymous s'emploie à violer la loi, ses membres prennent toujours un risque important. Mais avec des ressources illimitées et aucune supervision, des organisations comme le GCHQ (et théoriquement la NSA) peuvent faire ce qu'ils leur plaisent. Et c'est cet écart de pouvoir qui fait toute la différence.

Il y a de nombreuses nuances à prendre en compte concernant les attaques DDoS en tant que moyen de protestation. Contrairement au hack, qui inclue l'accès et/ou la dégradation des données, une attaque DDoS rend une page web innacessible à cause d'un taux excessif de visite.

En tant qu'anthropologiste ayant étudié la culture du hacking, l'hacktivism et en particulier les Anonymous, j'ai lutté pour trouver des repères moraux clairement définies à de telles actions. Mais comme un membre d'Anonymous m'a dit "essayer de trouver une justification éthique pour les attaques DDoS va te faire perdre la tête".

Juger le "conflit moral" des attaques DDos nécessite une compréhension des nuances et la façon dont elle sont menées, sans compter que les attaques DDoS tendent à devenir problématique quelque soit leur motivations. Cependant, elles ont été un exercice qui en vaut la peine, expérimentant une nouvelle forme de protestation dans une ère de plus en digitalisée.

Dans le cas des Anonymous, cette forme d'action a vu le jour suite au blocage bancaire contre Wikileaks. Alors que la protestation était enracinée dans la tromperie ((ils ont utilsé des botnets, afin de générer plus de chargements de pages) et beaucoup des participants ne le savaient pas)), ça n'était certainement pas destructeur (spécialement depuis que ça a été utilisé contre une importante organisation qui pouvait le supporter). L'intérêt était d'attirer l'attention des médias, ce qu'ils ont fait.

Mais voila la problématique: vous n'avez même pas besoin d'être d'accord avec, ou de soutenir les attaques DDoS en tant que technique de protestation pour trouver les dernières révélations de Snowden troublantes. Il y a des lois et des procédés clairement définis qu'un gouvernement démocratique est supposé suivre. Cependant le gouvernement britannique  se moque apparament des procédés et passe essentiellement à la pénalisation, utilisant une méthode considérée illégale et passible d'années de prison.

Mais si les attaques DDoS causaient d'avantage de dommages en amont ( que dans les chats), c'est une surprenante révélation.

C'est cette forme de réaction qui est excessive lorsqu'un gouvernement essaye d'écraser l'opposition.

La vrai considération ici est une approche tronquée de la justice, qui répand sa sentence sur des millliers de personnes engagées dans leur droit démocratique de protester à cause de simplement une poignée d' individus responsables de vandalisme digital. C'est cette forme de réaction excessive qui apparait lorsqu'un gouvernement tente d'écraser la contestation. Ce n'est aucunement différent de ce qui arrive dans d'autres régimes plus oppressifs.

Depuis 2008, des activistes de par le monde se sont ralliés autour du nom “Anonymous” pour entreprendre des actions collectives et porter une voix politique de mécontentement. Les deux dernières années ont en particulier été un tournant dans l’histoire de l’hacktivisme :

Il n’y a jamais eu autant de geeks et de hackers armés de leur claviers pour la pérennité de l’expression politique, de la critique et des actions directes.

Même si quelque participants d’Anonymous se sont engagés dans des actions illégalles, l’ensemble lui-même ne pose aucune menace à la sécurité nationale. Le GCHQ n’a pas d’intérets à infecter les systèmes des activistes avec des virus et contrecarrer leurs communications. Et si nous allons persécuter des activistes et les mettre en prison des années pour avoir rendu un site internet indisponible pendant 10 minutes, alors la même limite devrait s’appliquer à quiconque enfreint la loi – qu’il soit un hacker, notre voisin, ou le GCHQ.

Dans l’état actuel des choses, une petite partie des activistes d’Anonymous engagés dans des actions illégales de désobéissance civile font faces à des conséquences sérieuses.

Ces activistes – des deux côtés de l’Atlantique – sont actuellement en train de payer un prix exorbitant pour avoir enfreint la loi, parceque l’actuelle forme des lois dont ils sont les cibles ( Computer Misuse act au Royaume-Uni, et le CFAA aux USA) tend à infliger des sanctions souvent disproportionnées par rapport à la même activité hors ligne.

 

 

 

 

Par exemple, les tactiques physiques tel que l’infraction de domicile et la dégradation de propriétés  ne débouchent que rarement sur de sérieuses conséquences d’un acte criminel pour ses auteurs, et ont tendance à se révèler être des infractions civiles mineures au lieu de crimes fédéraux. Cependant, la même nuance (qui reconnait fondamentalement l’intention et les conséquences de tels actions de protestations) est rarement étendue aux activités en ligne. Les sanctions criminelles pour de tels actes s’étalent sur des années, détruisent des vies, mènent à des accusations criminelles sur les dossiers d’emplois, et se traduisent par des amendes excessivement coûteuses.

Si nous persécutons des activistes pour avoir rendu un site indisponible une minute, alors la même justice devrait s’appliquer à quinconque enfreint la loi.

Afin de mettre ceci en perspective, dans le Wisconsin , un homme seul a reçu une amende pour avoir utiliser un outil de DDoS automatique contre le site internet de Kock Industries pendant 60 secondes. Il protestait contre le rôle des frères milliardaires Koch, qui soutenaient l’action du gouverneur du Wisconcin destinée à réduire le capacité des syndicats et des salariés à s’engager dans des négociations collectives. Les pertes financières s’élevaient à moins de 5000$ mais il a été condamné à payer une amende de 183000 $ - même si un crime physique bien pire était seulement condamné à hauteur de 6400$ dans le même état.

 

Au Royaume-Uni, Chris Weatherhead – qui n’avait pas directement contribué à la champagne d’attaque DDoS mais avait supervisé le centre de communication où les actions étaient coordonnées- a reçu une sentence exorbitante de 18 mois de prison.

C’est encore plus de temps que ce qui a été infligé aux hackers qui ont pénétrés dans les systèmes d’ordinateurs, volés les données et les ont publiés sur Internet.

En considérant ces sentences, ainsi que d’autres, déjà distribuées, il est clair que les juges considèrent les actions d’Anonymous comme sérieuses et pénalisables.

De nombreux hacktivistes d’Anonymous ont déjà été arrêté ou mis en prison.

Pendant ce temps, des agences tel que le GCHQ n’ont pas à assumer de risques, de dissuasions, de conséquences , de surpervision ou de responsabilité.

Ce scénario est encore plus alarmant étant donné que quelques actions des Anonymous aient pu être illégalles  et pourraient mériter l’attention  des agences protectrices de la loi – mais ne se rapproche ni de près ou de loin à la constitution d’une menace terroriste.

Et cela signifie qu'on se dirige lentement sur le même terrain que les régimes dictatoriaux critiqués par les gouvernements démocratiques pour ne pas respecter les libertés sur Internet.

Par Gabriella Coleman

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La dernière révélation de Snowden est dangereuse pour les Anonymous - et pour chacun d'entre nous
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