Où l'on apprend que l'ordolibéralisme est un courant qui, au sein du libéralisme, conteste certains grands principes libéraux. Le point de désaccord le plus intéressant porte sur le caractère naturel du marché. 
Pour les ordolibéraux, le marché n'est pas un phénomène naturel, comme le croyaient les libéraux classiques : les échanges économiques ne tendent pas spontanément à s'organiser en un marché concurrentiel. 
D'où la nécessité de confier à l'État un rôle de garant du bon fonctionnement du marché, non seulement de manière négative, en sanctionnant les abus (comme dans le libéralisme classique), mais surtout en intervenant sur la société pour mettre en place le marché.

Un EXEMPLE ÉCLAIRANT emprunté par Foucault à Eucken (Naissance de la biopolitique, pp. 145-146) : Comment dynamiser le secteur agricole européen de l'après-guerre ?

Subventionner serait une intervention désastreuse, il faut mener au contraire une politique "de cadre", ou "ordonnatrice". Eucken préconise d'étendre l'économie de marché à un secteur encore rural et familial : encourager l'intensification, la spécialisation, la mécanisation, l'exode rural ; jouer sur la formation des exploitants ; tranformer le régime juridique des exploitations pour passer de l'exploitation familiale à l'entreprise capitaliste, etc.

Compléments sur le RÔLE QUE ADAM SMITH CONFÈRE À L'ÉTAT :

L'Etat peut intervenir pour assurer certaines activités utiles à l'intérêt général (il pense surtout à des infrastructures), mais que le marché ne peut réaliser. Prendre en charge le financement la construction d'une route serait insuffisamment rentable pour une entreprise, par exemple.

Smith (l'un des pères du libéralisme) n'est donc pas, en effet, un grand théoricien du laissez-faire. Cette idée lui étant antérieure, du reste, et sera davantage travaillée après lui, notamment par l'Ecole dite de Manchester.

Ce qui nous occupe ici, c'est que les interventions de l'Etat que préconisent Smith sont effectuées dans un esprit totalement différent de celui des interventions ordolibérales. Les premières visent à prendre en charge ce que le marché ne sait pas faire. Les secondes visent à augmenter le nombre d'activités que le marché est capable de prendre en charge (c'est toute l'idée ouest-allemande et européenne d'"économie sociale de marché" : on fait en sorte que l'initiative privée prenne en charge un certain nombre de services qui étaient publics).

La lecture de l'ordolibéralisme que je propose provient de :
- Michel Foucault, Naissance de la biopolitique (cours de 1979)
- Pierre Dardot et Christian Laval, La nouvelle raison du monde (2009)

Sur le fondement ordolibéral de l'Union européenne, 
- François Denord et Antoine Schwartz, L'Europe sociale n'aura pas lieu (2009)

Pour se repérer dans le bouillonnement intellectuel libéral des 30-40-50 : 
- Yves Steiner et Bernhard Walpen, L’apport de l’ordolibéralisme au renouveau libéral, puis son éclipse (2005) http://www.unige.ch/ses/socio/carnets...
 

La page Facebook qui fixe le cadre : https://www.facebook.com/pages/Le-Sta...

Commentaire d'objection de "Le Roux" sur la vidéo :

Une objection par contre : Adam Smith n'est pas le fervent défenseur de la non intervention de l'Etat. Dans ses écrits il lui laisse une place active assez importante, il voit bien que les rapports entre maitre et serviteur sont loin d'être égaux, et pour cela il préconise donc... L'intervention de l'Etat, et pas que la  police, justice, armée, (impôt). Ensuite, Adam Smith est très loin de penser l'économie uniquement par la "main invisible" 

Une solution?
2 - VIDEO
Topoï #7 : L'économie, indépendante de la politique ? Mélenchon et l'ordolibéralisme
Où l'on apprend que l'ordolibéralisme est un courant qui, au sein du libéralisme, conteste certains grands principes libéraux. Le point de désaccord le plus intéressant porte sur le caractère naturel du marché.  Pour les ordolibéraux, le marché n'est pas un phénomène naturel, comme le croyaient les libéraux classiques : les échanges économiques ne tendent pas spontanément à s'organiser en un marché concurrentiel.  D'où la nécessité de confier à l'État un rôle de garant du bon...

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